Redonnons à la santé sa vocation de service public tourné vers l’avenir

La santé mérite mieux que des guerres de chapelle. Elle est, avec l’école, une des deux priorités de ma campagne présidentielle. Je suis déterminée à réformer en profondeur notre système de santé car je n’ai qu’une ambition pour mon pays : que dans cette période troublée, il retrouve le chemin du progrès.

 

Refaire de l’Hôpital un service public de proximité, partout sur le territoire

1) Mettre fin aux déserts médicaux et refaire de la santé un secteur attractif

J’engagerai dès le début du quinquennat des mesures d’urgence pour lutter contre les déserts médicaux et réparer notre système de santé. 

J’augmenterai les capacités de formation dans toutes les filières de santé. Nous formerons jusqu’à 15 000 nouveaux médecins par an. Le nombre de places dans les formations pour devenir infirmier et aide-soignant sera aussi augmenté. 

En parallèle, je ferai de la quatrième année d’internat de médecine générale, initiée par le gouvernement, une véritable année de professionnalisation lors de laquelle ces médecins en fin de formation exerceront dans les déserts médicaux. Dès 2023, ce sont ainsi 4 000 médecins qui exerceront dans ces territoires, soit une offre de soins accessible immédiatement pour 3 millions de Français. L’année de professionnalisation des médecins généralistes dans les déserts médicaux s’intègrera dans un contrat entre l’État et les départements. 

Nous généraliserons à l’ensemble du territoire les permanences de soins pour les médecins libéraux. Ce seront les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) qui auront la mission d’organiser cette obligation.

Je débloquerai des moyens en urgence pour l’hôpital, fragilisé par la pandémie. Sous mon quinquennat, ce seront chaque année 4 milliards d’euros par an de plus que je flécherai vers les hôpitaux.

Le service public hospitalier doit redevenir attractif. Les établissements de santé seront financés à la hauteur des besoins et leur insertion dans les parcours de soins sera améliorée par le renforcement des coopérations avec le secteur ambulatoire et le médico-social.

Je soutiendrai l’évolution des métiers et des compétences dans le champ de la santé pour permettre aux professionnels d’évoluer au cours de leur carrière, par exemple dans le cadre des pratiques avancées.

 

2) Sortir de l’hôpital-entreprise pour redonner du sens aux carrières médicales

Je changerai de perspective concernant les dépenses de santé, en partant des besoins de la population, de la qualité et de la pertinence des soins pour répondre collectivement à la perte de sens de notre système sanitaire, au bénéfice des patients.

Je fonderai les modalités d’évolution et de maîtrise de nos dépenses de santé sur des Objectifs Nationaux de Santé Publique (ONSP), pluriannuels, territorialisés et débattus au Parlement pour sortir du pilotage par la maîtrise comptable des dépenses qu’incarne l’ONDAM. Nous donnerons à la prévention un rôle central, dans laquelle nous n’avons pas assez investi et dont le manque nous a fait décrocher parmi les meilleurs systèmes de santé au monde.

Je propose d’appliquer cette méthode pour lutter contre le surpoids et l’obésité. C’est aujourd’hui en France 1 adulte sur 2 qui est concerné, et de façon accrue les plus modestes. Chaque année, l’obésité tue 180 000 personnes. Je propose donc de nous fixer collectivement comme objectif de diminuer l’obésité de 20% en 5 ans. Nous accompagnerons les acteurs privés et publics dans ce changement de logique en développant des modèles de financement centrés sur les parcours de soins plutôt que sur des actes.

La santé est l’affaire de tous : j’associerai les acteurs de santé, les collectivités territoriales, et les représentants des usagers et des citoyens à la définition des besoins. 20 ans après la loi Kouchner, un nouveau départ s’impose pour notre démocratie sanitaire.

Construire un système de santé adapté aux défis à venir

1) Apprendre de la crise sanitaire pour un système plus résilient et autonome

Avec plus de 130 000 morts, je n’oublie pas le lourd bilan de la pandémie pour les Français. Ce n’est pas à la hauteur d’un grand pays comme la France. On ne peut que se réjouir que les restrictions soient progressivement levées, mais cela ne doit pas nous empêcher de faire le bilan de la gestion de cette crise par le chef de l’Etat, trop centralisée et très solitaire. Présidente de la République, je renforcerai notre système de santé publique. Si une nouvelle épidémie se présente durant mon mandat, j’aurai une gestion plus collective, plus axée sur la prévention, et qui ne fracture pas la société.

Pour sortir définitivement de l’épidémie de Covid-19, j’agirai au niveau international pour la levée temporaire des brevets sur les vaccins et favoriser leur production dans les pays en voie de développement.

J’œuvrerai aussi à réarmer notre système de santé. La crise a mis en lumière la dépendance des systèmes de soins européens à des produits importés. Afin de restaurer notre souveraineté et pour assurer la continuité des prises en charge de nos patients, je travaillerai avec les industriels à des relocalisations ciblées sur la conception et la production de médicaments. Ces relocalisations sont aussi un enjeu environnemental puisque 8 % des émissions de C02. La production en France devra être plus propre et permettra de diminuer les émissions liées au transport.

 

2) Faire retrouver à notre système de santé le chemin du progrès

La santé est un secteur d’avenir pour notre pays et sera l’objet d’une des 4 odyssées industrielles que je propose. Ce sera un effort historique de notre nation, associant la puissance publique et les acteurs économiques, pour réindustrialiser une filière, l’aider à innover et à former le capital humain si crucial face à la concurrence internationale. Cet effort de notre pays sera porteur de progrès pour tous : je propose ainsi de nous fixer pour objectif de vaincre les maladies neuro-dégénératives à horizon 2035.

Le numérique est un axe majeur d’évolution et de progrès pour notre système de santé mais ce virage ne doit pas être pris au détriment des plus fragiles : 17% des Français souffrent d’illectronisme. Il serait dramatique que le numérique contribue à les augmenter. Pour cela, il faudra que le temps gagné par les professionnels grâce au numérique soit redéployé pour consacrer plus de temps et aller vers les personnes les plus éloignées du système de soin.

Je suis aussi attentive aux enjeux de sécurité des données car c’est une des conditions pour que les patients utilisent ces nouveaux outils. Nous avons vu pendant la pandémie, avec la vaccination, qu’une partie de la population pouvait perdre confiance dans les professionnels de santé et les messages des autorités. La confiance dans le numérique sera là si nous développons les nouveaux outils avec les usagers eux-mêmes et en apportant toutes les garanties en matière de sécurité. Le pays doit être à la pointe en la matière, nous avons le savoir-faire nécessaire dans nos entreprises et nos start-ups.

 

3) Élever la santé mentale au rang de grande cause du quinquennat

Enfin je ferai de la santé mentale, trop longtemps négligée dans notre pays, la grande cause de mon quinquennat. Notre système de santé en psychiatrie se trouve dans une situation catastrophique alors que les besoins sont immenses. Un chiffre en témoigne : les troubles psychiques concernent plus d’un Français sur cinq. Je proposerai au Parlement une loi-cadre de programmation pluriannuelle pour définir les objectifs à atteindre et les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir, accompagnés d’évaluations de ces actions.


Retrouvez également mes grandes priorités pour la santé des Français, ainsi que toutes mes propositions pour de nouvelles sécurités sociales.